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🇿🇦 CES IMAGES CACHENT L’HORREUR : L’affaire KARABO MOKOENA

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L’affaire Karabo Mokoena : le crime derrière la poubelle noire

Vendredi 28 avril 2017, il est un peu plus de 22 h dans un immeuble moderne de Johannesburg, en Afrique du Sud.

Les couloirs sont silencieux, et les caméras de surveillance enregistrent une scène banale de la vie quotidienne.

Un homme pousse tranquillement une grosse poubelle noire à roulettes.

Il marche d’un pas régulier, sans précipitation, sans nervosité apparente.

Il attend l’ascenseur et jette quelques regards autour de lui, mais rien n’est étrange ni alarmant.

Après tout, qui prête attention à quelqu’un qui sort ses ordures le soir ?

Pourtant, ce que les caméras ne montrent pas, c’est ce qui se joue vraiment à cet instant.

Personne ne devine, ni les voisins ni le gardien, que ce geste anodin cache la clé d’une affaire qui va bouleverser toute l’Afrique du Sud.

Un couple en apparence parfait

L’homme que l’on voit sur les images s’appelle Sandile Mantsoe.

Il a 29 ans et vit dans un appartement de ce bel immeuble de Sandton, une banlieue de Johannesburg.

C’est un homme d’affaires sud-africain, trader en devises, charismatique, séduisant et très religieux.

Il a été marié, et il a trois enfants de deux ex-femmes.

Il a fondé une société de conseil financier qui lui rapporte beaucoup d’argent.

Sandile est l’exemple même de l’homme qui a réussi et qui étale son succès aux yeux de tous.

Vêtements de luxe, voitures de luxe, montre ostentatoire : il gagne beaucoup et ne s’en cache pas.

Il se dit très amoureux d’une jeune femme qui partage alors sa vie.

Elle s’appelle Karabo Mokoena, elle est née le 27 mars 1995 à Johannesburg, et elle a 22 ans en 2017.

C’est une jeune femme ambitieuse.

Elle étudie le commerce à temps partiel, mais elle rêve de réussir dans la mode et le lifestyle, notamment sur les réseaux sociaux.

Comme beaucoup de jeunes de son âge, elle y partage des messages inspirants et des photos d’elle.

On la décrit comme pleine de vie, généreuse, bonne vivante et très croyante.

Elle est bénévole dans une association pour les droits des femmes et des enfants.

Elle a le cœur sur la main.

Elle publie même des vidéos dans lesquelles elle explique, face caméra, aux femmes victimes de relations toxiques comment s’en sortir et rester fortes au quotidien.

Elle est très proche de ses parents, de son frère et de sa sœur, qu’elle appelle souvent.

Karabo et Sandile se rencontrent en octobre 2016.

Leur histoire démarre très vite, et dès novembre 2016, Karabo emménage dans l’appartement de Sandile.

Elle est très amoureuse.

Voyages, soirées, cadeaux : de l’extérieur, le couple renvoie l’image d’un couple modèle, fort et réussi.

De l’extérieur seulement.

L’emprise

Derrière la vie rêvée, les sourires et l’image de femme forte se cache une tout autre réalité.

La relation avec Sandile est toxique.

Malgré tous les bons conseils qu’elle donne aux autres femmes, Karabo est incapable de s’en échapper, car Sandile est un manipulateur.

Très vite, la relation devient difficile.

Karabo confie à ses proches qu’elle se sent contrôlée et isolée.

Dès décembre 2016, elle évoque des violences physiques.

Lors d’une dispute, Sandile l’a poussée contre un mur et a jeté son téléphone par terre.

En mars 2017, une nouvelle dispute violente éclate.

Karabo écrit à ses amis et parle de violences psychologiques, en plus des violences physiques.

Elle qui paraît si indépendante est en réalité sous emprise.

Elle reste avec lui en espérant qu’il va changer, mais les choses ne font qu’empirer.

Le 27 mars 2017, jour de son anniversaire, elle se retrouve à l’hôpital après avoir de nouveau été frappée.

Sa mère accourt et passe de longues heures à la convaincre d’ouvrir les yeux et de quitter Sandile.

Karabo finit par la écouter.

Mais lorsqu’elle se rend au commissariat pour porter plainte, elle découvre que c’est Sandile qui l’a devancée et qui a déposé plainte contre elle.

Les policiers ne la prennent pas au sérieux et lui conseillent de régler elle-même ses problèmes de couple.

Karabo est accablée.

Elle retourne vivre chez ses parents et tente peu à peu de reconstruire sa vie.

Elle veut tourner la page et oublier cet homme, dont elle reste pourtant éperdument amoureuse.

J’aimerais pouvoir dire que l’histoire s’arrête là, que Karabo s’est libérée de cette relation et qu’elle a retrouvé une vie heureuse.

Mais le destin en a décidé autrement.

Les retrouvailles fatales

Cinq jours après son anniversaire, Karabo sort avec des amies pour se changer les idées, dans un club proche de l’appartement de Sandile.

Et bien sûr, elle tombe sur lui ce soir-là.

Ses amies lui conseillent de ne surtout pas lui parler, mais elle ne les écoute pas.

Elle est encore amoureuse, et elle va lui parler.

Les contacts reprennent alors entre les deux, en à peine quelques jours.

Le problème, c’est que le soir du 27 avril 2017, Karabo disparaît complètement.

Très vite, l’inquiétude laisse place à l’horreur.

Une seule personne sait où elle devait se rendre ce soir-là : sa mère.

Ce jour-là, Karabo lui avoue au téléphone qu’elle doit retrouver Sandile dans la soirée pour aller en boîte, cette fois seule avec lui.

Sa mère le lui déconseille fortement.

Elle la rappelle dans l’après-midi, et Karabo décroche, mais elle chuchote : « Je ne peux pas te parler, je te rappelle. »

Après cet appel, plus personne n’aura de nouvelles de Karabo.

Inquiète, sa mère tente de la joindre le lendemain matin, le 28 avril, mais les appels et les messages restent sans réponse.

L’inquiétude grandit parmi les proches, car Karabo n’a pas l’habitude de rester sans donner de nouvelles : elle est presque toujours collée à son téléphone.

La famille décide donc de contacter la dernière personne censée l’avoir vue, Sandile Mantsoe.

Quand la mère l’appelle, il semble surpris.

Il affirme qu’il a bien vu Karabo le 27 avril, mais qu’elle est partie après une dispute, et qu’elle n’est jamais venue chez lui.

C’est étrange, car elle aurait sûrement prévenu sa famille.

Des témoins confirment que le couple s’est disputé parce que Sandile draguait une autre femme en boîte de nuit.

Mais selon eux, ils sont repartis ensemble, ce qui contredit la version de Sandile.

La sœur de Karabo se rend alors directement à l’adresse de Sandile.

Elle croise le gardien et lui montre une photo en lui demandant s’il a vu sa sœur dans l’immeuble vers le 27 ou le 28 avril.

Le gardien répond qu’il ne l’a pas vue en personne.

Puis il ajoute une phrase glaçante : il a retrouvé des papiers dans une poubelle, et la photo qui s’y trouvait était celle de sa sœur.

L’enquête

Les proches contactent immédiatement la police, car il y a urgence.

Les amis de Karabo lancent une campagne sur les réseaux sociaux avec le hashtag #FindKarabo, en partageant ses photos dans l’espoir qu’un témoin se manifeste.

La campagne braque aussi les projecteurs sur un pays où la violence envers les femmes est monnaie courante.

La mère de Karabo rappelle Sandile et lui demande où est sa fille.

Il répond : « Je ne sais pas, mais je ne l’ai pas tuée. »

Faute de nouvelles, les policiers ouvrent une véritable enquête.

Sandile leur donne la même version qu’à la mère, et il ajoute qu’il pense que Karabo est partie à Londres.

Mais les papiers de la jeune femme ont été retrouvés dans la poubelle.

Pourquoi serait-elle partie à Londres sans eux ?

En visionnant les caméras de surveillance de l’immeuble, la police fait des découvertes majeures.

Les images montrent bien le couple près des ascenseurs.

Le 27 avril dans l’après-midi, Karabo entre dans l’ascenseur devant Sandile, et l’on sent un certain froid entre eux.

L’image suivante date du 28 avril, à 2 h 48 du matin.

Ils ne se parlent pas et Karabo semble contrariée.

Elle porte un haut rose et un pantalon gris, et cette fois ils empruntent l’escalier.

Ces images prouvent que Sandile a menti : Karabo est bien retournée chez lui après la dispute au club.

Les enquêteurs poursuivent l’examen des bandes, en particulier celles de la journée du 28 avril, lorsque Karabo disparaît.

Le comportement de Sandile y est totalement déroutant.

Il fait des allers-retours avec une grosse poubelle noire, visiblement très lourde.

À 21 h 57, une première caméra, qui filme le hall du quatrième étage, le montre en train de traîner cette poubelle avant qu’il ne sorte du champ.

Il rentre sans doute dans son appartement.

À 22 h 06, il réapparaît, toujours avec la poubelle, et prend l’ascenseur.

Au même moment, une autre caméra filme deux hommes qui traversent le champ.

À 22 h 07, on voit Sandile sortir de l’ascenseur avec sa poubelle et franchir une porte qui mène apparemment au parking.

À 22 h 25, il revient en la traînant encore et reprend l’ascenseur.

À 22 h 26, la première caméra le montre sortant de l’ascenseur et laissant la poubelle au local à déchets.

Elle semble cette fois beaucoup plus légère.

À 22 h 28, il reprend l’ascenseur et croise des voisins, l’air anxieux, regardant autour de lui.

À 22 h 29, la caméra du parking le filme au volant de sa voiture, sortant du garage, plutôt calme et détendu.

Ce comportement devient franchement suspect.

Que contenait cette poubelle ?

Le lendemain, à 0 h 35, on le voit aussi avec des gants et un sac poubelle vert, sortant sans doute de son appartement pour jeter le sac au local à déchets.

A-t-il nettoyé chez lui et fait disparaître des preuves ?

La découverte du corps

Le 29 avril, en parallèle de l’enquête, un ouvrier fait une découverte terrible sur un chantier près de Johannesburg.

Il trouve un corps brûlé, portant des traces de produits chimiques, enterré dans une fosse peu profonde.

Le corps est dans un état épouvantable, mais il semble s’agir d’une femme.

Quelques jours plus tard, la tragique nouvelle tombe : c’est bien Karabo Mokoena.

Son corps a été brûlé avec des produits chimiques pour effacer les preuves.

L’Afrique du Sud est sous le choc.

Les enquêteurs comprennent rapidement qu’il s’agit d’un meurtre prémédité, et tous les soupçons se tournent vers Sandile Mantsoe.

Il est arrêté et interrogé au commissariat.

Ses propos ne tiennent pas la route.

Les vidéos prouvent que Karabo est montée chez lui, et on ne l’a jamais vue en redescendre.

Elle n’a pas pu partir pour Londres, puisque son passeport a été retrouvé dans la poubelle.

Et pourquoi tous ces allers-retours avec une grosse poubelle ?

Dans l’appartement, une tache sur le tapis de la cuisine intrigue les enquêteurs.

Il explique d’abord qu’il s’agit d’une fuite d’eau de son réfrigérateur, puis que ce n’est qu’une simple tache sans importance.

La police le confronte à toutes ses contradictions, et, pris au piège, notamment face aux images des caméras, il avoue.

Il admet que Karabo est morte.

Mais il affirme qu’après leur dispute, il l’a laissée seule chez lui et qu’à son retour, quatre heures plus tard, il l’a trouvée morte.

Selon lui, elle s’est suicidée, et il n’a fait que cacher le corps, par panique, de peur d’être accusé.

C’est pour cela qu’il aurait utilisé la poubelle pour mettre le corps dans sa voiture.

Il se serait ensuite rendu en cachette à la maison familiale, où il aurait pris un pneu, de l’acide et de l’essence pour brûler le corps sur un terrain vague.

La version du rituel

Mais ce n’est pas tout.

Sandile prétend que Karabo s’est donné la mort lors d’une sorte de rituel.

Selon lui, ils avaient tous deux consulté un marabout, quelque temps auparavant, pour un sort censé apporter encore plus de succès et d’argent à Sandile.

Ce sort avait une contrepartie : le couple devait rester uni, sinon le sort cesserait, ou pire, l’un des deux pourrait mourir.

D’après Sandile, Karabo, qui voulait le quitter, aurait préféré mettre fin à ses jours pour le protéger.

Il ajoute qu’elle était psychologiquement instable et fragile.

Ces explications ne tiennent évidemment pas la route, et elles sont complètement absurdes.

Les enquêteurs n’y croient pas une seconde.

De plus, les relevés téléphoniques montrent que Sandile a menti sur ses déplacements.

Il a éteint son téléphone pendant plusieurs heures, précisément au moment où Karabo a disparu.

Petit à petit, le puzzle se complète.

Sandile a sans doute blessé Karabo avec une arme blanche, probablement un couteau.

Il est ensuite allé chercher une grosse poubelle, y a placé le corps et l’a emmené jusqu’à sa voiture, d’où ces images où on le voit franchir la porte du parking.

Il a chargé le corps dans le véhicule, puis il a remis la poubelle au local.

Il a pris la route pour brûler le corps et effacer les preuves.

À son retour, il a nettoyé son appartement, d’où les images de 0 h 35, avec ses gants et ce nouveau sac poubelle.

Ce meurtre a-t-il été commis parce que Karabo lui avait annoncé qu’elle le quittait ?

Le prétendu rituel a-t-il joué un rôle ?

Sandile a-t-il tué Karabo pour que le sort continue à fonctionner ?

Il n’expliquera jamais son geste.

Le procès

Le procès s’ouvre en 2018.

Sandile continue de plaider non coupable.

Mais les témoignages de violences à son encontre s’accumulent.

Une seule de ses ex-compagnes témoigne en sa faveur, le décrivant comme un homme et un père exceptionnel.

Ses avocats tentent de ternir l’image de Karabo, qu’ils présentent comme volage, attirée par l’argent, agressive et violente.

Ils rappellent d’ailleurs que Sandile avait porté plainte contre elle.

Mais les proches de Karabo sont sous le choc, car ce portrait ne correspond pas à la jeune femme qu’ils connaissaient.

Le jury ne croit pas à cette version.

Par ailleurs, le féminicide de Karabo Mokoena déclenche en Afrique du Sud une vague de colère et de mobilisation contre les violences faites aux femmes.

Des hashtags comme #JusticeForKarabo envahissent les réseaux sociaux.

Cette affaire est une véritable onde de choc.

Le 3 mai 2018, Sandile Mantsoe est reconnu coupable de meurtre, d’atteinte à l’intégrité corporelle et d’entrave à la justice.

Il est condamné à 32 ans de prison.

La famille de Karabo salue le verdict, mais s’interroge sur l’état mental de Sandile, qui n’a montré aucun remords pendant le procès.

Face aux journalistes dans la salle d’audience, Sandile clame son innocence.

Il affirme que tout ce qu’il a voulu, c’était avoir une influence positive sur la vie de Karabo.

Le juge lui répond que la cour ne peut le décrire autrement que comme l’incarnation du diable.

Les funérailles de Karabo Mokoena ont été retransmises en direct à la télévision sud-africaine, ce qui témoigne de l’ampleur symbolique de ce crime dans le pays.

Un symbole

Cette affaire a mis en lumière un problème systémique : les féminicides et les violences domestiques.

Pendant la semaine qui a suivi le meurtre de Karabo, les corps de quatre femmes ont été retrouvés sur des terrains vagues de Soweto, près de Johannesburg.

Karabo est devenue un symbole, mais combien d’autres femmes vivent la même tragédie dans l’ombre ?

Un fait atroce vient encore s’ajouter à cette histoire.

En mai 2025, Olorato Mongale, un journaliste qui avait couvert l’affaire Mokoena, a été enlevé puis assassiné.

Son corps a été retrouvé non loin de l’endroit où celui de Karabo avait été découvert des années plus tôt.

Les deux affaires ne sont pas liées, mais le meurtre d’Olorato a été commis par un petit réseau criminel qui enlevait, volait et tuait de jeunes femmes.

Et Sandile aujourd’hui ?

Nous sommes en 2026, et l’affaire date de 2017.

Que devient Sandile Mantsoe ?

Il est toujours en prison, bien sûr.

En 2024, il a même été condamné une seconde fois, pour fraude.

Il avait escroqué une centaine de personnes qui avaient investi de l’argent dans son entreprise.

Un véritable enfant de chœur, qui se cachait derrière la religion pour paraître honnête.

Karabo Mokoena avait 22 ans.

Elle conseillait aux autres femmes de quitter les relations toxiques, et elle a payé de sa vie l’amour qu’elle portait à celui qui l’a tuée.

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